25.10.2009

L’Ethique en politique

Un des piliers d’une démocratie réside dans l’existence d’une opposition politique qui peut s’exprimer librement. Mais au nom de cette vertu qu’offre notre République, cette opposition doit-elle brandir le glaive de l’ « éthique » pour salir des personnalités ? Ceci conduit également à une autre question : qu’est-ce que l’ « éthique » en politique ?

A mon sens, respecter la confiance donnée par les électeurs, ces citoyens qui un dimanche ont déposé dans l’urne un bulletin avec leur nom, est la meilleure signification de l’éthique politique pour les élus. L’opposition a également un rôle éthique, celui de ne pas tomber dans le clivage systématique, dans la critique puérile et dans la calomnie honteuse, mais plutôt de s’attaquer aux problèmes rencontrés par nos citoyens, et donc d’aborder tous les débats de fond.

Prenons un exemple très proche et sur lequel nous devrons bientôt nous exprimer : la région Rhône‑Alpes.

Après une hausse 23 % ces quatre dernières années, les impôts locaux ne vont pas augmenter en 2010, année électorale oblige. En revanche, l’emprunt va bondir de 40 millions d’euros pour passer à 440 millions d’euros. Bien sûr, on rétorquera qu’il s’agit de pallier la suppression de la part investissement de la Taxe professionnelle. Mais c’est oublier que l’Etat va compenser, via les gains engendrés par la Taxe carbone, euro par euro cette perte. Finalement, cette mesure n’aura aucun impact négatif sur le budget de la Région.

Alors, comment expliquer ceci ?

Par notamment l’augmentation des frais de fonctionnement de 7 % en 2009, les voyages dans le monde (aux frais des contribuables) de Jean-Jack Queyranne (Président du Conseil régional) et la construction de son Palais (150 millions d’euros, soit 10 lycées, alors que les locaux actuels sont en bon état et suffisent largement).

En revanche, alors que nous sommes en pleine crise, le budget pour les actions économiques devrait diminuer de 7 %. Donc moins d’investissement dans le tissu économique local.

Cette année, grâce en particulier au remboursement anticipé de la TVA programmé dans le plan de relance, l’Etat a dégagé de fortes possibilités financières pour les Régions. Possibilités jugées trop faibles à l’époque par Jean-Jack Queyranne. Alors comment expliquer qu’au final uniquement 75 % de ce fond ne sera utilisé ? Merci pour l’emploi ! Beaucoup d’entreprises locales en difficulté auraient aimé en bénéficier…

Un tel comportement qui favorise des voyages internationaux, l’organisation de banquets mémorables, la construction d’un palais princier, et tout ceci au détriment de l’emploi et des contribuables, est éthiquement condamnable.

Voici donc un exemple concret qui démontre un défaut caractérisé d’éthique en politique. 

 

Romain Burgat

 

 

Ecrire un commentaire