25.01.2009

La politique de l'emploi en période de crise

LW1.jpgLe 22 janvier dernier, les Jeunes Actifs du Rhône recevaient Laurent Wauquiez, Secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi. Cette soirée débat a permis aux 140 personnes présentes au Ninkasi de mieux comprendre la réponse du gouvernement pour soutenir l'emploi en cette période de crise. Gunwal Jegou revient sur les éléments apportés par le Ministre suite aux nombreuses questions posées lors de la soirée.

 

A la crise économique qui touche durement la France la réponse du gouvernement est à la fois conjoncturelle et structurelle.

 

Le plan de relance de l’économie prend acte de l’ouverture des économies et ne se contente pas d’un soutien à la consommation qui ne ferait qu’augmenter le déficit extérieur. Il a donc ciblé les secteurs protégés (logement, automobile, services à la personne) et l’investissement des PME dans une logique d’offre. Cette construction sectorielle vise également à permettre une restructuration de ces secteurs en les orientant vers les marchés de l’avenir : voiture sans carbone, logements économes en énergie… Reste à convaincre la Commission européenne, gardienne du respect du droit européen de la concurrence qui encadre fortement les aides d’Etat, car le plan de relance doit intervenir rapidement, le facteur temps est capital.

 

Le sauvetage du secteur bancaire était aussi une nécessité pour sécuriser l’épargne des particuliers et les financements des entreprises. Une défaillance du secteur bancaire aurait entraîné toute l’économie avec elle. Le médiateur du crédit veillera aux engagements de bonne conduite pris par les acteurs financiers.

 

Pour l’insertion des jeunes et les seniors, le gouvernement veut rompre avec une logique malthusienne  de gestion statistique du chômage qui conduit à éliminer du marché du travail les jeunes et les seniors. Ce modèle d’une seule génération au travail a fait trop longtemps perdre à la France des points de croissance potentielle. Pour modifier les perceptions collectives, les dispositifs de départ en retraite anticipée, de dispense de recherche d’emploi, seront progressivement supprimés. Les pratiques de gestion des ressources humaines doivent également permettre une transmission des compétences, même si c’est plus délicat en période de crise. Mais cette gestion des compétences passe également par une formation initiale adaptée à la demande : l’orientation des jeunes est donc cruciale et l’université doit s’ouvrir au monde de l’entreprise dans une approche partenariale et profiler son offre de formation en fonction des besoins locaux et nationaux.

 

Ainsi, la formation professionnelle demeure un des grands chantiers à venir : l’opacité des circuits de financement, la régionalisation de l’offre et la tendance constatée au clientélisme local engendre une segmentation territoriale peut équitable et économiquement sous optimale. Une reprise en main, au moins partielle, à l’échelon national n’est donc pas à exclure.

 

Enfin, la rupture conventionnelle a apporté la flexibilité dont le marché du travail français avait tant besoin et fait sortir le droit du travail d’une logique économique et sociale dépassée.

 

Le pôle emploi rassemble désormais en un seul lieu le service public de l’emploi. Cette rationalisation permettra aux usagers de bénéficier d’un meilleur service. La réunion des deux administrations n’allait pas de soi mais beaucoup l’appelaient de leurs vœux. Elle est rendue délicate par l’augmentation des demandeurs d’emploi que la nouvelle structure doit gérer en même temps que sa réorganisation. L’engagement des personnels et leur motivation a été saluée et sera déterminante pour la réussite de la réforme.

 

LW3.jpgL’important, dans toutes ces mesures est leur adéquation pragmatique à la réalité. Elles ne se limitent pas à une réponse conjoncturelle mais s’inscrivent dans une vision longue qui permettra à la France, une fois la crise passée, de ressortir plus forte, plus compétitive et mieux formée, avec un taux de chômage structurel considérablement réduit.

 

Merci à Gunwal pour le compte rendu de cette réunion qui fût très instructive. Notre rôle est maintenant d'expliquer l'action innovante et volontaire du gouvernement pour faire face à cette crise financière, économique mais aussi de confiance !!!

 

Benoit Froment